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Ma vie sous la loupe astrologique

Ma vie sous la loupe astrologique

2026/04/12

Dans mon billet La fin du zodiaque?, j’énonçais:

Ce qui subsiste de l'astrologie ne survit pas parce qu’elle décrirait une causalité cosmique cachée, mais parce qu’elle remplit une fonction humaine essentielle : signaler les moments où le temps cesse d'être homogène.

Sans doute parce que je vis un moment saturnien d’importance (Saturne au MC où réside également Vénus), et que je vieillis (j’ai 67 ans), cela me pousse à relire ma vie sous la loupe astrologique. Je pourrais le faire sans déranger personne et sans rien écrire publiquement là-dessus, mais ce serait rater une opportunité de relater et, en toute transparence, de montrer comment un astrologue peut opérer face à un thème natal.

Rappelons l’hypothèse première : tout ce qui naît, que ce soit une personne, une compagnie, un pays, possède un temps d’arrivée, une date de manifestation. À partir de cette date de naissance, un kaléidoscope de possibilités se structure, telle une volute parmi les nuages, un tourbillon dans une rivière. Cela crée des protubérances, des schémas que l’astrologue parvient plus ou moins à interpréter.

Il est aidé dans son travail par ce portrait dessiné dans le ciel par les diverses composantes astronomiques, avec un savoir d’observation remontant à l’époque où certains êtres humains se sont patiemment mis à ausculter le ciel.

Certains parlent de destins tracés dans le tissu céleste, d’autres de cycles karmiques colorés à la sauce psychanalytico-évolutive. Qu’importe. Je crois qu’on peut se débarrasser de tout atavisme et revenir à la sagesse des meilleurs astrologues, à savoir que, même si ce qui est en haut (le ciel, les étoiles, les anges et les astéroïdes) est comme ce qui est en bas (les humains, les empires et les insectes), chacun peut choisir de marcher dans la direction qui lui plaît, en tant qu’il/elle respecte et reconnaît l’endroit de sa mouvance.

Donc, je suis né à Arthabaska, un lundi 2 mars 1959. On a certainement dû noter soigneusement mon heure de naissance, car selon le bracelet de naissance que j’ai toujours en ma possession, il est indiqué 13:38.

Transit de la mère à ma naissance.
Transit de la mère à ma naissance.
Mon thème de naissance
Mon thème de naissance

Un ami astrologue me faisait remarquer que la naissance d’un enfant correspond aux transits de sa mère à cet instant (et dans une moindre mesure, sans doute, aux transits du père). Il est intéressant de noter, par exemple, que ma mère a donné naissance à quatre filles, dont trois ont la Lune en Capricorne et l’autre en Vierge, des signes de Terre, ce qui, au départ, est différent de sa nature émotive. Ma mère possède une Lune en Bélier, signe de mon père (qui, incidemment, possède une Lune à l’opposé en Balance [et une forte conjonction Vénus/Saturne]).

Je suis le seul à posséder, comme elle, une Lune en signe de Feu, en Sagittaire. Les interrelations entre les thèmes de mes parents et de mes sœurs sont complexes, comme toujours (voir cette analyse).

Au moment de ma naissance, l’ascendant à Arthabaska était exactement sur le Pluton natal de ma mère. Mars était en semi-sextile avec son Mars. Vénus serait sur sa Lune. Je dis "serais", car bien qu’on ne connaisse pas la date de naissance de ma mère, je lui ai donné il y a fort longtemps la même heure de naissance que la mienne, vraisemblablement par projection, mais cela lui va si bien… Jupiter s’offrait un trigone avec le mi-point Vénus/Pluton (et trigone presque exact avec cette Vénus). Uranus était au mi-point de Mars/Neptune, Saturne au mi-point de Soleil/Mars, Uranus en sesquicarré du Soleil et Mercure. Le Nœud Nord était en carré avec le mi-point Soleil-Mercure/Pluton. Et j’en passe.

L’activité astrologique était ainsi nombreuse, ce jour-là. On finit par en perdre son latin astrologique. Je sais que je suis, pour ainsi dire, une bad luck. À l’époque, on disait aux femmes nouvellement mères qu’allaiter leur enfant les protégeait contre les grossesses. Alors, papa ne s’est pas fait prier pour reprendre du service. Je suis le parfait exemple que l’allaitement ne prévient rien. Je suis né onze mois après ma sœur Diane.

Les transits de mon père ont semblé plus simples, mais ambivalents. Le Soleil opposait son Neptune, Mars était carré à ce Neptune (incidemment, j’ai dans mon thème un Soleil carré Mars), Mercure faisait trigone à Pluton, Mars trigone au MC, Uranus en faisait autant avec Mars, pendant que le Nœud nord opposait son Mars.

La couleur des transits de ce jour semble rappeler le caractère subit de cette grossesse ainsi que l’énorme responsabilité de cette charge rapide d’un second enfant.

Ces transits sont officiellement le bagage symbolique de ma vie. Ceux vécus durant les premières années de mon existence sont, en théorie, des ancrages psychologiques ressentis à travers le climat familial. Il me serait difficile d’y prêter une importance plus grande, à moins de plonger dans le labyrinthe interprétatif d’une psychothérapie.

Fait sans doute intriguant. La grossesse du troisième enfant, ma sœur France, ainsi que sa naissance, furent vécues par moi, selon ma carte du ciel, dans un climat Pluton carré Mars, Saturne au Descendant… Jalousie d’un petit humain constatant l’éloignement de sa mère qui portait son attention sur le nouvel être en devenir? Difficile période pour ma mère?

Il n’empêche que cette période de 1961 à 1964 fut principalement marquée par une opposition de Pluton à mon Soleil ainsi que par un carré de Mars. Uranus n’était pas loin non plus (les gens nés en 1965-1966 le sont sous une conjonction Uranus-Pluton). Les années 1965-1966 marquèrent le début des classes pour moi. Tout ce dont je me souviens de cette période à Victoriaville, c’est que j’étais déjà pointé du doigt par mes camarades et souvent insulté, ridiculisé et molesté. 1964 a également été marquée par la naissance de ma sœur Dominique.

Il y a un peu moins de soixante ans, j’avais neuf ans. Mon père acceptait un poste dans une usine située à la campagne. La période qui s’ensuivit fut relativement calme malgré un isolement certain dû à la brutalité de mes compagnons de classe. Je détestais les récréations à l’extérieur… Je ne pense pas avoir eu beaucoup d’amis, préférant demeurer seul à gambader dans la grande cour arrière de la maison où poussaient suffisamment de pommiers pour s’en faire des amis dociles et silencieux, cour qui donnait sur le vaste terrain pelousé de l’usine où travaillait mon père.

Il est quand même amusant de revenir sur cette période, similaire en transits à ce que je vis depuis quelques années, soit le lent passage de Saturne sur mon Soleil, Mercure, puis ce qui advint en 1967, la conjonction avec le MC et Vénus. 60 ans plus tard, je suis pour ainsi dire au faîte de ma carrière, j’ai réussi en quelque sorte à me tailler une place relativement stable.

L’entrée plus tard au secondaire se fit sans heurt. On peut d’ailleurs considérer cette période comme exultée, davantage colorée par des trigones et des sextiles jusqu’à l’âge de 15 ans.

Or, changement de tempo, si on peut dire. Un adolescent timide peut-il résister à l’opposition de Neptune sur son Mars tandis que Pluton opposait sa Vénus (et son MC)? Ce furent les premières expériences homosexuelles, secrètes, avec un garçon de mon âge. Ce fut également l’occasion de rencontrer un couple d’amis plus âgé, le premier couple hors mariage du village, un phénomène à l’époque quelque peu révolutionnaire. Étrangement, sans doute, bien que nous ayons été proches, je ne leur ai jamais dévoilé mon " secret ". Ils devaient certainement s’en douter.

J’étais un adolescent tranquille qui avait pourtant pour amis des gens hors norme et qui goûtait en cachette aux plaisirs charnels avec un garçon sportif et musclé, tout le contraire de ma personne, qui m’en voulait ; je me souviendrai toujours de son regard courroucé chaque fois que nous nous éloignions l’un de l’autre.

Ce petit manège dura trois ans jusqu’à la première année du cégep. Il m’appela à quelques reprises au cours de l’année 1977. Je lâchais tout, allais le rejoindre, puis silence complet pendant des semaines. Il finit par s’effacer de ma vie et par avoir des enfants.

Pluton conjoint le Nœud nord. Comprenne qui pourra.

Ma vie universitaire, bien qu’heureuse (Jupiter à l’Ascendant), fut assez tranquille jusqu’à  l’arrivée tardive de mon premier véritable amour en 1979-1980. C’était le grand passage de Neptune sur ma Lune, de Saturne au IC, opposant ma Vénus. Ce fut, pour ainsi dire, et surtout en 1981 lorsque Neptune fit un carré avec Mercure qui se prolongea jusqu’en 1982, une descente vers la désillusion, un enfer d’émotions, de chagrins.

Je devenais, en fait, à la fois poète et écrivain. Un classique dans le genre. Un chagrin d’amour qui me fit m’asseoir dans les cafés et les bars, à écrire comme un malade, à m’enivrer, à juger tout le monde et à me cloîtrer dans mon imaginaire essoufflé. Uranus faisait conjonction avec Jupiter en secteur V et carré à Pluton, alors que Pluton faisait carré à mon ascendant.

Il s’ensuivit un retour hasardeux à l’université, avec une tentative ratée de renouer avec ce premier amour, jusqu’à ce que je rencontre le deuxième "amour" de ma vie, un choix qui allait se révéler, encore une fois, hors norme et traumatisant, un temps instable, notamment coloré par le passage d’Uranus sur ma Lune en 1986. Saturne conjoint à la Lune en 1987, Pluton carré à Vénus et MC en 1988, Saturne prenant la relève en 1989 sur ces mêmes positions, pour terminer par une "libération" de cette union en 1990 (Uranus carré à Vénus et MC, conjoint à Saturne!)

Il faut attendre 1992 pour atteindre un semblant de normalité. J’avais maintenant un emploi stable, et c’est à ce moment-là que j’ai rencontré la troisième personne la plus importante de mon expérience amoureuse. Cela dura seize ans, avec son lot d’enrichissements et de complications. C’est durant cette période que j’ai publié mes premiers textes. 1991 (Le Putain. Jupiter trigone Vénus/MC, Uranus sextile Soleil), 1994 (Crever mon fils, Uranus sextile Mercure, Pluton trigone Mercure), 1997 (La Vie dure. Uranus sextile Vénus/MC). Succès d’estime sans plus, mais succès tout de même.

Ma vie littéraire fut ainsi marquée par le passage certain d’Uranus, planète résidant dans le secteur I de ma carte du ciel, représentant la manifestation première de ma personnalité.

Pendant ce temps, à la fin de la décennie 90, surgissaient en moi de nouvelles transformations et c’était Pluton qui prenait le dessus avec une opposition Mars et carré Soleil, années où un réveil certain de mes pulsions sexuelles les plus profondes (aidées par l’arrivée de la proximité virtuelle du nouvel Internet "démocratisé et visuel"), mais aussi résultant en une transformation de mes habitudes alimentaires dû à la découverte d’un diabète naissant.

Je devins, pour ainsi dire, un autre homme.

Jupiter se fit présent en 2002 notamment par l’achat du premier (et dernier) condo avec le conjoint de l’époque. Un temps relativement heureux, exploratoire et émotionnellement intense à partir de 2003, puisque Pluton, ce volcan de mon cœur, survola ma Lune pendant deux ans…

On peut présumer que 2004 commença à être le début de la fin de ma relation, un effilochage émotif qui dura quand même quatre ans de plus et dont les dernières ficelles qui nous retenaient furent courageusement cassées par cet homme important qu’il faut dans ma vie.

2005 marque également la publication de L’Effet Casimir, roman que je voulais différent des autres écrits. Jupiter était d’ailleurs bien présent, mais aussi Uranus conjoint Soleil (et donc carré Mars), Pluton carré Mercure. Le livre passa néanmoins quasi inaperçu, malgré de bonnes critiques ici et là.

La grande cassure se fit en 2008, presque sans heurts en fait (Saturne et Uranus carré Lune, Jupiter sextile Soleil, Saturne opposé Soleil). On pourrait faire une analyse plus poussée en y intégrant des mi-points. Il suffit de nommer Uranus = Lune/Mars, Saturne-Uranus carré Vénus/Asc, Uranus = Soleil/Mercure... Cet homme demeure un très grand ami.

Quelque chose se trame à partir de 2012. Écriture du dernier roman, Falaise, changement de carrière qui s’opère en 2013. Nous sommes en plein transit Uranus conjoint Vénus et MC. Je quitte dix-sept années de travail autonome pour être engagé par une firme informatique.

En février 2015 paraît Falaise (Jupiter trigone Lune). Succès toujours d’estime. Il faudra attendre août pour obtenir une très belle critique dans le journal La Presse (Uranus trigone Lune), mais c’est sans compter sur Neptune carré Mars. Coup d’épée dans l’eau?

Cela va tout de même assez bien malgré une dette grandissante que je ne parviens pas à endiguer, car je suis peu enclin à la discipline de ce côté (Neptune carré Mars en 2015-2016). Il en résulte une proposition du consommateur (Neptune conjoint Soleil, Nœud nord conjoint Pluton, Jupiter conjoint Nœud nord, Saturne conjoint Lune) en mai 2017. À partir de ce moment, j’ai pu redresser lentement la situation, en payant religieusement ma dette négociée. J’obtiens un poste de gestionnaire au sein de l’entreprise, puis je deviens directeur (de pas grand-chose).

En 2022, je me libère de ma dette (Jupiter conjoint Vénus/MC). Pluton s’extrait de l’horizon (conjoint Descendant). Neptune est conjoint Mercure. Une poussée philosophique m’amène à renouer sérieusement avec l’astrologie et avec tout ce qui relève de la religion.

Toujours influencé par ces énergies, j’assiste au décès de mon père en février 2023 ; je tombe sérieusement malade en août 2023 (toujours sous l’emprise de Neptune). Infection grave à l’E. coli.

Alors que Saturne est conjoint au Soleil, je perds mon emploi en avril 2024 à l’âge de 65 ans. Profitant de l’optimisme d’une conjonction de Jupiter sur Mars, je dégotte un emploi dans une autre firme, poste que j’occupe toujours. Au moment de mon embauche, le Nœud nord traverse le MC et Vénus. À ce même moment, ma mère tombe gravement malade. Elle s’en réchappe heureusement.

La fin de 2025 et le début de 2026 sont marqués par la poursuite de la conjonction de Saturne avec Mercure. Il est clair pour moi qu’il s’agit d’une période sobre, stable et riche. La stabilité financière y est ; je rattrape un peu le temps perdu de ce côté si bien que j’ai pu accumuler de quoi adoucir mes vieux jours.

À 67 ans, je sens que la retraite n’est pas pour tout de suite. Les transits de 2027-2028 s’annoncent décisifs à ce sujet par la seule présence des conjonctions Uranus sur Mars (maître du MC) et Neptune au MC (et Vénus). Sera-t-il temps, à l’aube de mes 70 ans, de tirer ma révérence pour exécuter autrement ma petite danse existencielle?

Conclusion

J’aurais pensé l’exercice plus périlleux. Je ne sais pas s’il s’agit d’un aveuglément ou d’un biais sélectif, mais le tout me "parle", comme on dit. Je demeure à la fois reconnaissant et surpris de ce savoir astrologique, de cette mécanique qui semble en mesure de colorer nos vies.

Tout n’est pas dans tout, évidemment. Les nombreuses guerres, les atrocités menant à des destins interrompus ne s’additionnent pas aussi facilement dans ce savoir. Il faut, à un moment donné, entrer dans l’univers probabiliste de l’astrologie mondiale.

Il n’en demeure pas moins que j’aimerais devenir celui qui écoute les autres, celui qui leur raconte une histoire inspirée par la course des étoiles.

Le vent des planètes crée des vagues plus ou moins hautes à la surface de nos minuscules océans. Les logiciels modernes nous permettent d’en percevoir mieux les formes. J’arrive moi-même à programmer quelques trucs présents sur ce site, libres d’usage.

Le ciel nous appartient. Il suffit d’ouvrir le livre et de se perdre ou de se soumettre à ses mouvantes phrases.

Ma vie sous la loupe astrologique